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Vols de câbles : Charge France annonce 850 sites et, le même jour, 1 000 stations

Le 3 novembre 2026, le bilan cité par BFM compte 850 sites, 10 % du réseau rapide et 18 millions d’euros. Matthieu Dischamps donne au Figaro 1 000 stations, plus de 15 % et 21 millions.

Kelvyn4 min de lecture

Le 3 novembre 2026, l’association Charge France a fait état de vols de câbles en cuivre sur les bornes de recharge rapide, avec deux décomptes publiés le même jour : 850 sites, environ 10 % du réseau rapide et 18 millions d’euros selon le bilan repris par BFM Business, et 1 000 stations, plus de 15 % et 21 millions d’euros selon son secrétaire général, Matthieu Dischamps, interrogé par Le Figaro.

Les deux articles ne réconcilient pas l’écart. BFM présente les 18 millions comme la facture d’opérateurs dont Electra, TotalEnergies, Driveco et Powerdot. Le Figaro attribue les 21 millions, les 1 000 stations fin octobre et 800 plaintes à l’association dans son ensemble. Tant que Charge France n’a pas publié la méthode, les deux chiffres restent côte à côte, pas une fourchette officielle.

Quelques dizaines d’euros de cuivre, des milliers d’euros de réparation

BFM, citant le bilan du 3 novembre, situe la revente d’un câble entre 30 et 80 euros chez un receleur, et la réparation entre 1 500 et 8 000 euros selon le matériel, hors manque à gagner pendant l’arrêt de la station. Le Figaro donne un autre ordre de grandeur, celui du marché : le cuivre se négocie autour de 13 euros le kilo, un prix qui n’est pas celui du recel.

Dischamps dit au Figaro qu’environ 100 stations avaient été touchées en 2025. Rapporté à 1 000 fin octobre 2026, le décuplement est le sien. Il parle aussi de deux millions de conducteurs électriques, et de bornes hors service plusieurs semaines.

Gautier Chatelus, président de Driveco, dit à BFM constater presque chaque semaine un ou plusieurs vols sur plus de 450 stations, et déployer des gaines en Kevlar avec puces GSM. Aurélia Boscher, d’Ionity France, décrit au Figaro une protection renforcée, un suivi et un marquage à l’encre.

Ce que les condamnations couvrent, et ce qu’elles ne couvrent pas

Charge France recense, selon BFM, 15 mises en examen depuis janvier, dont sept en septembre et octobre. Les tribunaux de Toulouse, de Troyes et de Nantes ont prononcé des peines de prison ferme, jusqu’à deux ans, avec mandat de dépôt, des interdictions du territoire français pouvant atteindre dix ans, et le remboursement des opérateurs. Dischamps salue au Figaro davantage de flagrants délits, et demande que l’effort ne reste pas cantonné à quelques préfectures.

L’association réclame trois mesures : croiser les enquêtes entre parquets, contrôler les ferrailleurs pour tarir le recel, et faire intervenir la police sur alerte des bornes. Dischamps, qui est aussi directeur général de Powerdot, appelle les candidats à l’élection présidentielle de 2027 à s’engager. La phrase qu’il répète est que l’on ne peut pas demander de passer à l’électrique face à des bornes rendues inutilisables.

Le même 3 novembre, la députée Olga Givernet (Ensemble pour la République) a posé une question écrite au ministère de l’Intérieur. Le Figaro retient son appel à une réponse publique renforcée et l’idée de classer les installations les plus stratégiques comme infrastructures critiques. Dischamps cite le Portugal, où selon lui le phénomène a disparu après une condamnation à neuf ans de prison ferme, les bornes y étant traitées comme des infrastructures énergétiques critiques. Aucune décision française de ce type n’est annoncée dans ces articles.

Un risque de prix, pas une hausse décidée

Dischamps affirme au Figaro que les assureurs refusent de couvrir ces pertes, et que les contraintes opérationnelles risquent de se retrouver dans le prix payé par les conducteurs. C’est une alerte de l’association, pas une grille tarifaire modifiée. BFM attribue un constat voisin à Aurélien de Meaux, cofondateur d’Electra, dès le 27 février 2026 : certains assureurs ne couvriraient plus ces sinistres répétés.

Le délai de remplacement n’est pas national. Xavier Bourrat, directeur régional de TotalEnergies dans les Hauts-de-France, indiquait à BFM Lille que les câbles étaient remplacés en une quinzaine de jours. Une enquête Enedis-CSA d’octobre 2026, citée par BFM, estime que 71 % des utilisateurs de voitures entièrement électriques dépendent du réseau public. Sur ce réseau, BFM rappelle le cap des 40 000 points de recharge rapide fin septembre 2026. Le Figaro, de son côté, reprend l’Avere-France : près de 203 000 points ouverts au public à la même date, tous débits confondus, en hausse de 13 % sur un an. Les deux périmètres ne se contredisent pas.

Avant de viser une station isolée, le réflexe décrit par les opérateurs reste de vérifier qu’elle est en service dans l’application ou le planificateur. La disponibilité des bornes avait déjà reculé en France en septembre, pour d’autres raisons que ces vols.

Sources

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