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Batteries de voitures électriques d'occasion : un « pacte de confiance » pour afficher leur état de santé, pas encore d'obligation légale

La ministre de la Transition écologique a réuni Stellantis, Renault et Aramis Group autour de l'indicateur SOH, en attendant le passeport batterie européen de 2027

Kelvyn3 min de lecture

La ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, a annoncé début septembre la signature d'un « pacte de confiance » avec plusieurs grands acteurs du marché automobile français — Stellantis, Renault et Aramis Group parmi les signataires cités. Son objet : généraliser l'affichage de l'état de santé de la batterie, le fameux SOH (State of Health), sur les voitures électriques d'occasion vendues par des professionnels.

Ce que mesure le SOH

Le SOH s'exprime en pourcentage et compare la capacité actuelle d'une batterie à sa capacité d'origine. Une batterie affichant 90 % de SOH a donc perdu environ 10 % de son autonomie maximale par rapport à sa sortie d'usine. L'indicateur intéresse directement les acheteurs de seconde main : en France, trois voitures électriques sur quatre sont achetées d'occasion, et la crainte d'hériter d'une batterie usée reste le principal frein à l'achat, même quand les aides à l'acquisition ont été revalorisées.

Certains concessionnaires affichaient déjà ce chiffre de leur propre initiative. Le pacte vise à en faire une pratique généralisée chez les constructeurs signataires, avec l'idée d'apporter, selon les mots de la ministre, « une information objective et transparente » pour permettre aux acheteurs de choisir en toute connaissance de cause.

Un engagement volontaire, pas encore une obligation légale

Le terme « obligatoire », repris par plusieurs titres de presse, mérite d'être nuancé. Il s'agit à ce stade d'un pacte signé volontairement par un groupe de constructeurs et de plateformes de vente, pas d'un décret ou d'une loi s'appliquant à l'ensemble des professionnels du marché de l'occasion. La liste exhaustive des signataires et le niveau réel de contrainte qui pèsera sur eux restent, de l'aveu même de la presse spécialisée, à préciser. Un acheteur qui se rend chez un vendeur non signataire n'a donc, pour l'instant, aucune garantie d'obtenir ce chiffre.

La mesure qui, elle, sera bien contraignante à l'échelle européenne arrive plus tard : le passeport batterie, prévu pour février 2027 dans le cadre du règlement européen sur les batteries. Ce document numérique accessible par QR code retracera l'origine, le parcours et l'évolution de l'état de santé de la batterie d'un véhicule. L'annonce française de ce mois de septembre s'apparente donc à une anticipation volontaire de ce futur standard, plus qu'à une nouvelle obligation autonome.

Un chiffre à lire avec les données déjà disponibles

Le SOH gagne à être croisé avec des données de terrain. Une étude Aviloo portant sur 500 000 batteries suivies sur cinq ans, publiée le même jour, montre déjà que le vieillissement varie fortement selon les modèles — de quoi remettre en perspective un pourcentage isolé affiché en concession. Un SOH de 90 % ne raconte pas la même histoire selon l'âge du véhicule, son kilométrage ou son historique de recharge rapide, autant d'éléments que l'indicateur seul ne donne pas.

Source

Les Numériques, « Véhicules électriques d'occasion : l'affichage de l'état de santé de la batterie devient obligatoire » ; publication de Monique Barbut sur LinkedIn.

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