Aller au contenu
KLYNLABS

Accord franco-allemand sur l'automobile : supercrédits et sursis pour les hybrides

Paris et Berlin se sont entendus le 16 octobre 2026, mais l'objectif de 100 % électrique en 2035 est en pratique assoupli.

Kelvyn3 min de lecture

La France et l'Allemagne ont conclu le 16 octobre 2026 un accord sur l'avenir de l'automobile en Europe, confirmé par Les Échos, qui assouplit en pratique la fin des moteurs thermiques neufs prévue en 2035 au moyen de « supercrédits », selon Numerama.

Que prévoit l'accord franco-allemand sur l'automobile ?

Le texte officiel affiche toujours une baisse de 90 % des émissions de CO₂ à l'échappement des voitures neuves en 2035, sans mécanisme de compensation, alors que l'Union européenne visait initialement 100 %. L'Élysée affirme que le cap de la décarbonation est maintenu. Numerama relève que la compensation en matériaux plus verts, prévue lors d'un premier assouplissement à 90 %, disparaît de l'accord.

Que sont les supercrédits ?

Une petite voiture électrique fabriquée en Europe comptera pour 1,4 vente dans le calcul des émissions d'un constructeur, et un modèle électrique standard pour 1,2 vente. Selon les calculs de l'Institut Mobilités en Transition cités par Numerama, les constructeurs n'auront alors besoin de vendre qu'environ 72 % de voitures électriques en moyenne pour atteindre l'objectif de 2035. Ce chiffre est une estimation d'un institut, pas un texte réglementaire : il dépend de la répartition réelle des ventes entre petits modèles et modèles standards.

Que deviennent les hybrides rechargeables ?

Leur bilan carbone théorique est maintenu jusqu'en 2030, à condition qu'ils affichent une autonomie électrique supérieure à 80 kilomètres, un compromis qui répond à la demande de l'Allemagne, dont les constructeurs produisent beaucoup de ces modèles. En contrepartie, le texte prévoit une baisse de la puissance du véhicule si la batterie n'a pas été rechargée au bout de 750 kilomètres parcourus. L'objectif est de pousser les conducteurs à brancher leur voiture plutôt que de rouler surtout au moteur thermique.

Quelles règles « Made in Europe » pour les aides et les batteries ?

Pour bénéficier des aides publiques, comme le bonus écologique, une voiture devra être assemblée en Europe avec au moins 70 % de sa valeur, hors batterie, créée localement. Pour les batteries, 10 % d'entre elles devront intégrer des composants principaux fabriqués localement dès 2028, puis 20 % en 2030 et 70 % en 2032. Numerama présente ce calendrier comme un moyen de laisser aux gigafactories européennes le temps de monter en puissance face à la concurrence chinoise.

Et pour les utilitaires légers ?

L'objectif de réduction des émissions de CO₂ des camionnettes, qui devait être contrôlé de près sur la période 2025-2027, bénéficiera d'un lissage sur cinq ans, avec une échéance repoussée à 2030. Ce sursis protège notamment Renault et Stellantis, exposés à de lourdes amendes selon Numerama.

Ce qui reste à confirmer

Il s'agit d'un accord entre deux États. Numerama ne précise pas comment ni quand ces dispositions seront intégrées à la réglementation européenne, ni si les autres pays de l'Union les accepteront. Les supercrédits comme les quotas de batteries restent donc des positions annoncées, pas encore des règles applicables aux constructeurs. Nous n'avons pas consulté l'article original des Échos, derrière un accès payant.

Source

Numerama, « Fin du tout électrique en 2035 : ce que cache vraiment l'accord franco-allemand sur la voiture », 16 octobre 2026.

Numerama cite Les Échos et l'Institut Mobilités en Transition, dont les publications n'ont pas été consultées directement.

Partager

Cet article peut servir à quelqu'un ?

Envoyez-le à un proche en un geste, ou partagez-le sur vos réseaux. Voici la carte qui s'affichera avec votre lien.

Aperçu de la carte de partage : Accord franco-allemand sur l'automobile : supercrédits et sursis pour les hybrides

Votre mot accompagne le lien. Modifiez-le si vous voulez.

À lire ensuite