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Nvidia : le bureau pékinois de New Matrix, autorisé pour les H200, est vide

Le New York Times a visité l’adresse déclarée d’une société autorisée à assembler des puces H200. Le département du Commerce dit examiner chaque licence.

Kelvyn4 min de lecture

Le New York Times a trouvé vide, dans un parc industriel au nord-ouest de Pékin, l’adresse déclarée de New Matrix, une société chinoise que l’administration américaine a autorisée cette année à assembler des puces Nvidia H200.

Une coque grise, et une société presque introuvable

Le reportage, repris le jour même par The Verge, décrit un local sans activité : une coque grise, des fils qui pendent du plafond à l’endroit des luminaires. L’annuaire de l’immeuble n’inclut pas New Matrix. À l’agence de gestion du parc, une réceptionniste et un responsable disent n’avoir aucune trace de la société. En ligne, le journal dit n’avoir trouvé que peu d’éléments. Au 6 novembre, le site de New Matrix ne nommait aucun salarié, ne publiait aucune offre d’emploi et ne racontait pas son histoire. La société n’a pas répondu aux demandes de commentaire.

Wise Road, puis un second bureau vide

Les registres chinois, selon le Times, relient les propriétaires de New Matrix à Wise Road, fonds placé en 2024 sur l’entity list du département du Commerce, qui restreint les affaires avec les États-Unis. Le département estimait alors que ce fonds avait aidé Pékin à acquérir des sociétés détenant des technologies de puces sensibles. Deux analystes consultés par le journal estiment que New Matrix pourrait servir de façade à des sociétés liées à ce fonds. C’est leur lecture des registres, pas une décision de justice.

Deux de ces propriétaires apparaissent, selon la base WireScreen citée par le journal, dans des sociétés liées au fonds et à son fondateur, Li Bin, aussi président de Tsinghua Unigroup. En 2021, une filiale de ce groupe, New H3C Semiconductor Technologies, avait été inscrite sur la même liste pour un travail avec l’armée chinoise.

New Matrix est le second cas. En septembre, le local déclaré de Maginfra, autre société récente autorisée à assembler des H200, était désert. Des analystes y voient une émanation d’Inspur, lui aussi sur l’entity list pour un travail avec l’armée chinoise. Maginfra et Inspur n’ont pas répondu. Le Times cite encore d’autres licenciés liés, selon ses sources, à des fournisseurs militaires. Rien de cela n’est une mise en examen.

Environ deux douzaines de licences, pas une liste publiée

Au total, le département du Commerce semble avoir autorisé environ deux douzaines de sociétés chinoises à acheter ou à manipuler des H200, dont Baidu, BYD et Tesla Shanghai, selon des personnes au fait des dossiers citées par le Times. Chacune aurait été autorisée à acheter des dizaines de milliers de puces, sans avoir atteint ce quota. Cette liste n’a pas été publiée.

Le Bureau of Industry and Security, qui instruit les licences, a répondu qu’il examinait avec soin chaque demande au regard de la sécurité nationale. Il a aussi indiqué avoir infligé 324 millions de dollars d’amendes pour des violations d’exportation en 2025, et recruté plus de 90 agents cette année pour faire appliquer les règles technologiques.

Un tarif de 25 %, et des volumes encore faibles

Le président Donald Trump a autorisé, en décembre, la vente du H200 à la Chine, puce plus ancienne mais toujours puissante, à condition que l’État américain prenne une part des ventes. Le montage décrit par le Times fait transiter par les États-Unis ces puces assemblées à Taïwan, afin de percevoir un tarif de 25 % sur leur valeur. The Verge, dans son résumé du 7 novembre, parle de son côté d’une part de 15 % des ventes. L’enquête du Times, plus longue, n’emploie pas ce taux.

Nvidia n’en vend pour l’instant que de petites quantités en Chine. Le gouvernement chinois tarde à autoriser ses propres sociétés, en partie pour pousser les puces nationales. Au trimestre clos en juillet, les livraisons de H200 à des clients basés en Chine représentaient moins de 1 % du revenu des centres de données de Nvidia. En août, la société disait ne pas inscrire de ventes à la Chine dans son estimation de ce revenu pour le trimestre en cours.

John Rizzo, porte-parole de Nvidia, a déclaré au Times qu’il n’était pas logique que l’armée chinoise dépende de technologie américaine, et que même ces ventes limitées soutiennent l’emploi américain. Liza Tobin, ancienne directrice Chine du Conseil de sécurité nationale sous le premier mandat de Donald Trump puis sous Joe Biden, dit avoir de fortes réserves : ni le département du Commerce ni Nvidia ne feraient, selon elle, la diligence nécessaire pour que les conditions des licences soient tenues.

Selon Qichacha, cité par le Times, l’adresse a quitté cet automne un site d’immatriculations de papier pour ce bureau. Le volet des machines de gravure est déjà traité à propos d’ASML.

Sources

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