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Meta Muse : liens de partage exposés, la fonction est suspendue

Des chercheurs ont énuméré 6 800 conversations partagées de l'assistant IA de Meta.

Kelvyn3 min de lecture

Meta a suspendu en octobre 2026 le partage de conversations par lien dans Muse, son assistant d'intelligence artificielle, après un rapport publié le lundi 19 octobre par la société de sécurité Claroc, dont les chercheurs ont recensé 6 800 liens de partage découvrables par n'importe qui, dont certains contenaient des informations privées.

Muse est l'agent IA généraliste lancé par Meta : il remplit des formulaires, réserve des rendez-vous, effectue des achats et crée des documents, ce qui exige l'accès à la plupart des comptes de l'utilisateur. Mark Zuckerberg, directeur général de Meta, l'avait présenté en septembre comme « conçu dès le départ pour la confidentialité et la sécurité », selon Ars Technica.

Pourquoi les liens de partage de Muse étaient-ils faciles à trouver ?

Un lien de partage classique contient une longue suite de caractères impossible à deviner. Muse en utilise une aussi, mais place en plus le titre de la conversation dans le sous-domaine, par exemple « q3-revenue-review-7b1e42f0.cf.metaaiusercontent.com » (exemple simplifié donné par Claroc). Tous les liens partagent le domaine cf.metaaiusercontent.com.

Or les services de DNS passif, qui conservent l'historique des noms de domaine résolus, enregistrent ces sous-domaines dès qu'un destinataire ouvre le lien. Une recherche dans l'une de ces bases suffit alors à les énumérer. « Il a fallu une requête », écrivent les chercheurs, qui appellent ces pages des « GhostShares » : elles s'ouvrent pour des personnes à qui le lien n'a jamais été remis.

Quelles informations se sont retrouvées exposées ?

Après avoir ouvert quelques centaines des 6 800 liens, Claroc a trouvé des contenus clairement non destinés au public :

  • les notes d'un candidat préparant un entretien confidentiel avec un laboratoire d'IA, avec le contact interne et l'heure du rendez-vous ;

  • une revue de chiffre d'affaires interne d'une société de marketing, destinée à son dirigeant ;

  • une demande de prêt d'un petit entrepreneur, avec le montant ;

  • une liste de tâches mentionnant une alerte de fraude bancaire, avec un numéro de compte partiel ;

  • un rapport de performance immobilier, avec deux adresses et des chiffres de rendement et de prêt ;

  • le calendrier annuel des congés d'une entreprise, nominatif.

Ces exemples sont ceux rapportés par Claroc ; nous n'avons pas pu les vérifier indépendamment.

Comment Meta a-t-il réagi ?

Asaf Aprozper, cofondateur et directeur technique de Claroc, dit avoir signalé la faille via le programme de primes aux bogues de Meta le 8 octobre, sans réponse, ni via ce canal ni sur LinkedIn. Interrogé par Ars Technica, Meta a répondu avoir « mis en pause » la fonction le temps d'examiner le rapport et d'envisager des changements dans la manière dont ces liens peuvent être découverts. Aucune date de retour n'a été donnée, et Meta n'a pas dit si des tiers avaient exploité ces liens.

Que faire en attendant ?

La fonction étant suspendue, aucun nouveau lien ne peut être créé. Les liens déjà générés peuvent rester accessibles tant que Meta ne les a pas désactivés, ce que le groupe n'a pas précisé. Les utilisateurs qui ont partagé des conversations contenant des données sensibles peuvent les supprimer depuis leur historique et éviter, d'ici là, de confier à l'assistant des documents financiers ou professionnels.

Source

Ars Technica, d'après le rapport de Claroc et la déclaration de Meta.

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