Aller au contenu
KLYNLABS

Visa, Mastercard et Ant International encadrent les paiements par agents IA

Les trois groupes lancent Know-Your-Agent, un cadre commun pour identifier les agents IA qui font des achats pour le compte des utilisateurs, sans pour autant régler le problème des hallucinations de paiement.

Kelvyn3 min de lecture

Visa, Mastercard et Ant International (la maison mère du paiement mobile chinois Alipay) ont annoncé le lancement d'un cadre commun baptisé Know-Your-Agent, destiné à encadrer les achats effectués par des agents IA pour le compte d'un utilisateur. L'objectif affiché : permettre à un réseau de cartes, un portefeuille numérique ou une boutique en ligne de reconnaître qu'un agent a déjà été vérifié ailleurs, sans avoir à refaire toute la procédure à chaque nouvelle plateforme.

Trois contrôles, pas une technologie unique

Know-Your-Agent repose sur trois principes. D'abord, chaque agent IA doit être rattaché à un opérateur identifié — une personne ou une entreprise responsable de son comportement. Ensuite, l'agent doit passer par une certification commune portant sur la sécurité de son comportement d'achat. Enfin, son activité est tracée via des signaux liés à l'identité et aux transactions, pour repérer un changement de comportement brutal ou une opération suspecte. Le cadre ne remplace pas les outils propriétaires que chaque groupe a déjà déployés séparément : Visa a son Trusted Agent Protocol, Mastercard son Verifiable Intent, Ant International son Agentic Mobile Protocol. Know-Your-Agent vise plutôt l'interopérabilité entre ces systèmes cloisonnés.

Le vrai problème reste entier : l'hallucination

Selon Ryan McInerney, le PDG de Visa, les consommateurs utilisent déjà largement l'IA pour comparer des produits, mais hésitent encore à lui confier le paiement lui-même. Une étude interne de Visa, citée par le groupe, indique que 23 % des internautes interrogés aux États-Unis font confiance à une IA générative pour gérer un paiement. Le nœud du problème, souligné par Jiang-Ming Yang, directeur de l'innovation chez Ant International : un agent peut mal interpréter une consigne ou halluciner une information, et déclencher un paiement que son utilisateur n'a jamais réellement approuvé. Or Know-Your-Agent vérifie l'identité et l'autorisation de l'agent, pas la justesse de sa décision au moment précis de l'achat. Un agent parfaitement identifié et certifié peut malgré tout se tromper de montant, de destinataire ou de produit.

Ce que ça change, et ce qui reste à prouver

Un cadre de vérification d'identité et une protection contre les erreurs de raisonnement d'un modèle sont deux choses différentes. Le standard EMVCo, de son côté, travaille sur un projet séparé visant à vérifier l'« intention » derrière un paiement par agent, où une carte valide ne suffirait plus : l'agent devrait aussi respecter des limites de dépense fixées à l'avance par son propriétaire — plafond, catégories de produits autorisées, etc. C'est ce second chantier, plus technique et encore à l'état de proposition, qui touche réellement au risque d'hallucination. Know-Your-Agent, lui, répond à une question de confiance et de responsabilité en cas de litige, pas à la fiabilité du raisonnement de l'IA elle-même. Le cabinet McKinsey évoque un potentiel de 3 000 à 5 000 milliards de dollars de commerce mondial généré par des agents IA d'ici 2030 : une projection, à ce stade, et non une mesure de l'existant.

Source

Article source : Les Numériques, « Des IA qui vident votre compte en cas d'hallucination : Visa et Mastercard travaillent sur des protections ».

À lire ensuite