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KLYNLABS

Rançongiciel à Berlin : 5,79 To de données municipales dans la nature, trois semaines avant le vote

Le groupe Rhysida revendique le piratage du gouvernement régional de Berlin ; le maire refuse de payer la rançon de 30 bitcoins

Kelvyn3 min de lecture

Le gouvernement de l'État-région de Berlin a été victime d'une cyberattaque par rançongiciel à la mi-août 2026. Plusieurs départements du Sénat de Berlin, l'exécutif régional, ont été déconnectés préventivement du réseau dès le 14 août. Deux semaines plus tard, le groupe de rançongiciel Rhysida a revendiqué l'attaque et menace de publier près de 5,79 téraoctets de données — à moins d'un mois d'un scrutin régional que la ville doit organiser le 20 septembre.

Ce que Rhysida affirme avoir volé

Sur son site de fuite publié le 28 août 2026, Rhysida affirme avoir exfiltré environ 1,44 million de fichiers représentant 5,79 To de données : documents administratifs, juridiques, financiers et RH, dossiers liés à des infrastructures critiques, dossiers de santé, 148 IBAN, identifiants de connexion en clair, données de paiement, dossiers personnels, archives d'e-mails, bases de données SQL, documents d'identité et plus de 3 200 documents marqués « confidentiels ». Les attaquants réclament 30 bitcoins, environ 2,3 millions de dollars au cours actuel, et ont fixé un délai d'environ une semaine avant de rendre ces données publiques.

Berlin refuse de payer

Le maire-gouverneur de Berlin, Kai Wegner, a publiquement écarté toute idée de paiement. La sénatrice à l'Intérieur, Iris Spranger, a de son côté indiqué que rien n'indiquait, à ce stade, que des données liées au processus électoral aient été compromises — une assurance qui repose sur une déclaration officielle, pas sur un audit public indépendant, et qui mérite donc d'être reçue avec cette réserve.

« L'État de Berlin ne se soumettra pas à un chantage. » — autorités berlinoises, position réaffirmée après la revendication de Rhysida.

Une confirmation officielle, mais un vecteur d'attaque inconnu

Berlin a confirmé le vol de données auprès de la presse, ce qui distingue ce dossier de simples revendications non vérifiées. En revanche, ni le vecteur d'intrusion initial, ni l'étendue technique précise de la compromission n'ont été divulgués publiquement. L'Office régional de la police criminelle, le parquet et des agences fédérales de sécurité allemandes ont ouvert une enquête. Le calendrier électoral — un vote pour le Parlement régional (Abgeordnetenhaus) le 20 septembre 2026 — donne à l'affaire une résonance particulière, sans qu'aucun élément ne permette pour l'instant de parler d'ingérence électorale.

Le scénario rappelle d'autres collectivités paralysées par un rançongiciel déjà documentées par KLYNLABS, comme les 80 000 fiches de contact exposées après une cyberattaque contre Santé publique France ou les 70 ans d'archives bloquées dans un data center.

Source

BleepingComputer, « Berlin confirms data theft after Rhysida ransomware attack claims »

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