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La publicité arrive dans ChatGPT pour 31 pays européens

OpenAI active son programme publicitaire dans toute l'Union européenne, la Norvège, l'Islande, le Liechtenstein et la Suisse — sans exploiter l'historique des conversations, RGPD oblige

Kelvyn3 min de lecture

OpenAI a activé lundi 24 août 2026 son programme publicitaire ChatGPT Ads dans 31 marchés européens en une seule étape : les 27 États membres de l'Union européenne, plus la Norvège, l'Islande, le Liechtenstein et la Suisse. C'est le plus grand saut géographique jamais réalisé par cette fonctionnalité, qui passe d'une dizaine à une quarantaine de marchés actifs dans le monde.

Un déploiement progressif depuis février

Le calendrier complet du déploiement de ChatGPT Ads a débuté aux États-Unis en février 2026, en test sur les comptes Free et Go pour les utilisateurs connectés, puis s'est étendu au Canada, à l'Australie et à la Nouvelle-Zélande en mars, avant d'atteindre le Mexique, le Brésil, le Japon et la Corée du Sud. Le Royaume-Uni a ouvert le marché européen le 6 juin 2026, avant l'extension à l'ensemble de l'UE et de l'Espace économique européen le 24 août. Seuls les comptes gratuits (Free) et l'abonnement d'entrée de gamme ChatGPT Go (8 dollars par mois) affichent des publicités ; les formules Plus, Pro, Business, Enterprise et Education en restent dépourvues. Les annonces sont, selon OpenAI, visuellement séparées des réponses générées par l'IA et clairement labellisées comme publicité.

« Les publicités dans ChatGPT sont toujours clairement identifiées et séparées des réponses de ChatGPT » — OpenAI, communication officielle.

Pas de personnalisation basée sur les conversations, RGPD oblige

Particularité européenne : le RGPD empêche OpenAI d'exploiter l'historique de conversation ou la mémoire des utilisateurs pour personnaliser les publicités sans consentement explicite. Au lancement, aucune publicité n'est donc personnalisée à partir du contenu des échanges dans l'Espace économique européen et en Suisse — contrairement à ce qui se pratique sur d'autres marchés. Commercialement, l'accès passe pour l'instant par des agences partenaires (Publicis, WPP, Omnicom, MediaPlus, Havas, Dentsu) ; une plateforme en libre-service pour PME et indépendants est annoncée « prochainement », sans date précise.

Des chiffres impressionnants, mais déclaratifs

OpenAI, par la voix de son vice-président publicité Dave Dugan, affirme qu'un cinquième des échanges sur ChatGPT traduirait une intention d'achat, et revendique des dizaines de milliers d'annonceurs actifs pendant la phase pilote américaine de six mois, avec un coût par achat en baisse de 60 % et un coût pour mille impressions en recul de 20 % en six semaines. Ces chiffres de performance proviennent uniquement de la communication d'OpenAI elle-même, sans audit indépendant rendu public — ils doivent donc être lus comme des chiffres annoncés par l'entreprise, pas comme des mesures vérifiées par un tiers.

Deux textes européens à surveiller

Deux dispositifs réglementaires pourraient encadrer cette évolution. L'AI Act interdit les systèmes d'IA recourant à des « techniques subliminales ou délibérément manipulatrices » exploitant des vulnérabilités — une frontière encore floue entre conseil conversationnel et persuasion publicitaire, que des chercheurs ont déjà pointée. Le Digital Services Act (DSA) est également concerné : la Commission européenne évalue si la fonction de recherche de ChatGPT doit être qualifiée de « très grande plateforme de recherche en ligne » (seuil de 45 millions d'utilisateurs mensuels dans l'UE), ce qui imposerait audits et registre public des publicités. Aux États-Unis, le sénateur Ed Markey avait averti dès janvier 2026 que la publicité dans les chatbots risquait d'exploiter le lien émotionnel des utilisateurs sur des sujets sensibles comme la santé ou la santé mentale.

Cette monétisation intervient alors que les laboratoires d'IA cherchent de nouvelles sources de revenus dans un contexte de guerre des prix sur les abonnements.

Source

Clubic, « ChatGPT Ads se déploie à travers l'Europe »

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