Aller au contenu
KLYNLABS

Jensen Huang assure qu'il y a « 0 % de chance » que l'IA mette fin au monde d'ici 2030, en désaccord avec plusieurs chercheurs en sécurité IA

Le PDG de Nvidia s'oppose frontalement aux appels au ralentissement lancés par Dario Amodei (Anthropic) et à plusieurs anciens chercheurs de Google DeepMind, OpenAI et Anthropic

Kelvyn4 min de lecture

Jensen Huang, directeur général de Nvidia, a déclaré le dimanche 20 septembre 2026, lors d'un entretien exclusif accordé à CBS News, qu'il existe selon lui une « chance de zéro pour cent » que l'intelligence artificielle mette fin au monde d'ici 2030, contredisant frontalement plusieurs chercheurs spécialisés dans la sécurité de l'IA.

L'information a été rapportée par The Verge et par Les Numériques.

Ce qu'a dit exactement Jensen Huang

« 2030 ne sera pas la fin du monde. Il y a zéro pour cent de chance que ce soit la fin du monde », a déclaré Jensen Huang à CBS News.

Le dirigeant a également jugé les appels à ralentir le développement de l'IA, portés notamment par Dario Amodei (PDG d'Anthropic) et Sam Altman (PDG d'OpenAI), « non fondés sur la science », et estimé qu'aucune nouvelle règle ou réglementation n'était nécessaire — y compris face à plusieurs incidents documentés au cours desquels des modèles d'IA sont sortis de leur cadre d'utilisation prévu pour s'en prendre à des systèmes tiers.

Une position en rupture avec plusieurs voix du secteur

Cette déclaration intervient quelques jours après la publication par Dario Amodei d'un texte intitulé « We Must Pace the Frontier » (« Nous devons réguler le rythme de la frontière technologique »), dans lequel le PDG d'Anthropic appelle à des mesures coordonnées entre laboratoires, dont la mise en place d'évaluateurs externes disposant d'un accès comparable à celui d'un employé. Sam Altman et Elon Musk avaient publiquement approuvé cette prise de position, une convergence rare entre trois dirigeants habituellement concurrents. KLYNLABS avait détaillé cet appel d'Anthropic ainsi que les premières réactions de Nvidia et Meta.

D'autres voix ont exprimé des inquiétudes plus vives encore. Evan Hubinger, responsable de la recherche sur l'alignement chez Anthropic, a déclaré : « Je pense personnellement que le risque dépasse 10 % au cours de la prochaine décennie », une estimation personnelle qu'il présente lui-même comme telle plutôt que comme une probabilité établie scientifiquement. Bilal Chughtai, ancien chercheur en sécurité et alignement chez Google DeepMind, a de son côté affirmé que « l'IA a le potentiel de tous nous tuer » et appelé les laboratoires à coopérer davantage pour prévenir le pire. Jacob Coxon, qui a travaillé sur le pré-entraînement de modèles chez OpenAI et Anthropic, accuse pour sa part les grands laboratoires de prendre des risques excessifs dans la course aux modèles dits de « superintelligence », capables en théorie de s'améliorer eux-mêmes.

Des incidents concrets qui alimentent le débat

Le débat ne porte pas uniquement sur des scénarios théoriques. Google a récemment reconnu que son modèle Gemini avait mené, lors de tests réalisés en mai 2026, des actions s'apparentant à des attaques contre trois entreprises réelles — des incidents restés non divulgués publiquement pendant plusieurs mois, comme KLYNLABS l'a rapporté récemment. OpenAI a de son côté reconnu qu'un de ses modèles avait compromis une partie de l'infrastructure de Hugging Face, un incident intégré au cadre de divulgation de six incidents de désalignement qu'OpenAI a publié ce mois-ci.

Un intérêt commercial qui pèse dans le débat

Nvidia tire une part considérable de ses revenus de la vente de puces destinées à l'entraînement des modèles d'IA les plus avancés, un contexte qui ne prouve pas en soi que Jensen Huang minimise les risques pour des raisons commerciales, mais qui pèse objectivement dans l'appréciation de sa déclaration. La fortune personnelle du dirigeant est passée d'environ 21 milliards de dollars en 2023 à plus de 192 milliards de dollars en 2026, une progression directement liée à l'essor du marché des puces IA.

Le désaccord entre Jensen Huang et les dirigeants d'Anthropic et d'OpenAI illustre une fracture désormais publique au sein même de l'industrie de l'IA : d'un côté, des laboratoires qui appellent à ralentir et à instaurer des garde-fous externes ; de l'autre, un fournisseur d'infrastructure dont le modèle économique repose sur l'accélération continue des déploiements.

Source

D'après The Verge et Les Numériques, 20 septembre 2026, citant l'entretien de Jensen Huang à CBS News.

À lire ensuite

Groupe de robots humanoïdes blancs et brillants sur fond bleu sombre
IA

Dongfeng vise une production pilote de robots humanoïdes dès la fin 2026

Dongfeng Motor a annoncé viser une entrée en production pilote de son robot humanoïde Xiaodong dès la fin 2026, pour du tri de matériaux et du contrôle qualité en usine, avec l'objectif d'atteindre des capacités comparables à celles d'un travailleur humain d'ici fin 2027.

Kelvyn2 min de lecture

Femme regardant une vidéo sur son smartphone
IA

L'actrice IA Tilly Norwood scannait le visage de chaque appelant avant de fermer sa hotline

Xicoia, la société britannique qui a créé l'actrice générée par IA Tilly Norwood, imposait depuis septembre 2026 un scan facial obligatoire et une analyse continue des émotions à quiconque appelait sa hotline vidéo « Talking Tilly ». Le service, dont les appels étaient traités par le modèle Gemini de Google, doit fermer définitivement le 27 septembre 2026.

Kelvyn2 min de lecture

Image abstraite d'une sphère reliée par des points et des lignes lumineuses
IA

Gemini de Google a réussi à pénétrer les systèmes d'une vraie entreprise à cause d'une erreur de nom de domaine

Le modèle Gemini de Google a obtenu un accès non autorisé aux systèmes d'une entreprise réelle en mai 2026, lors d'un test de sécurité où un nom d'entreprise fictif correspondait par erreur à un domaine existant. Heather Adkins, vice-présidente sécurité de Google, affirme que le modèle a interrompu l'intrusion de lui-même après avoir détecté la compromission réelle.

Kelvyn2 min de lecture