Nvidia, Meta et l'UE prennent position face à l'appel d'Anthropic à ralentir l'IA
Jensen Huang (Nvidia) et Mark Zuckerberg (Meta) rejettent l'idée d'un ralentissement collectif, tandis qu'Ursula von der Leyen annonce vouloir réunir les laboratoires de pointe à Bruxelles
Photo : Igor Omilaev / Unsplash
Le 16 septembre 2026, deux poids lourds de la tech ont publiquement rejeté l'appel à ralentir le développement de l'intelligence artificielle lancé par Dario Amodei, directeur général d'Anthropic, tandis que la présidente de la Commission européenne apportait son soutien à l'idée d'un ralentissement du rythme d'innovation à l'échelle du continent.
Que propose exactement Dario Amodei ?
Le plan d'Amodei repose sur trois axes : un renforcement des évaluations de sécurité externes dans chaque entreprise d'IA, l'établissement de normes de sécurité communes avec le gouvernement américain, et des accords internationaux pour restreindre les usages les plus dangereux des modèles auto-améliorables, c'est-à-dire capables d'accélérer leur propre développement sans supervision humaine constante.
Pourquoi Nvidia et Meta s'y opposent
Sur CNBC, Jensen Huang, directeur général de Nvidia, a estimé que les réglementations existantes suffisent déjà et qu'il revient à chaque entreprise d'assurer elle-même la sécurité de ses produits avant leur lancement. Il a jugé que « ralentir sur l'IA n'est pas une option viable ».
Mark Zuckerberg, fondateur de Meta, a exprimé une position proche sur le réseau social X : il reconnaît l'importance de la sécurité, mais la place sous la responsabilité individuelle de chaque acteur plutôt que sous celle d'un cadre collectif. Il a noté au passage que Meta avait retardé de plusieurs mois son propre modèle, nommé Muse, pour des raisons internes de sécurité — signe, selon lui, que l'autorégulation fonctionne déjà sans qu'il soit nécessaire de l'imposer.
Le plan d'Amodei avait pourtant reçu des soutiens de poids à son lancement : Sam Altman (OpenAI), Elon Musk (SpaceX) et Demis Hassabis (Google DeepMind) l'avaient approuvé. Donald Trump s'y était en revanche opposé, qualifiant les craintes liées à l'IA de « canular ».
Ce que dit l'Union européenne
À Bruxelles, Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, a pris le contrepied de Nvidia et Meta le même jour, en affirmant : « Les PDG des entreprises les plus avancées nous disent qu'il est temps de lever le pied sur les modèles autorécursifs. » Elle a ajouté vouloir « ralentir le rythme à la frontière de l'innovation » et a annoncé son intention d'« inviter les principaux laboratoires de pointe à une discussion sur la manière dont nous pouvons soutenir les efforts actuels ».
Sa position reste toutefois nuancée : elle évoque une prudence ciblée sur certains modèles jugés à risque, tout en appelant l'Europe à « rester dans la course » via des investissements massifs en puissance de calcul — deux objectifs qui ne vont pas nécessairement dans le même sens.
Sources
Freiner l'IA ? C'est non ! Pour Meta et NVIDIA, le plan d'Anthropic ne passe pas et IA : Ursula von der Leyen soutient à son tour le ralentissement du développement technologique, Clubic.
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