DeepSeek banni des systèmes civils fédéraux américains : ce que dit l'ordre
Le département de la Sécurité intérieure ordonne le retrait des produits DeepSeek des agences civiles, sans motif publié ni délai précis.
Le secrétaire américain à la Sécurité intérieure, Markwayne Mullin, a ordonné le retrait des produits de DeepSeek des systèmes informatiques des agences civiles fédérales et interdit tout nouvel achat, selon un ordre publié au Federal Register le 20 octobre 2026, rapporté par The Hacker News. L'ordre vise Hangzhou DeepSeek Artificial Intelligence Co., Ltd., développeur des modèles R1 et V3.
Sur quel texte repose cet ordre ?
Il s'appuie sur la loi FASCSA de 2018 (Federal Acquisition Supply Chain Security Act), qui permet d'exclure des fournisseurs jugés risqués pour la chaîne d'approvisionnement. L'ordre est daté du 24 juillet 2026 mais n'a été déposé pour publication que le 19 octobre, soit 87 jours plus tard. Il oblige les agences à retirer aussi les produits ou services tiers « développés à l'aide d'implémentations de DeepSeek », une expression que l'article souligne comme non définie.
Qui est concerné, et qui ne l'est pas ?
Seuls les achats et usages des agences civiles fédérales sont visés. Les entreprises et le public ne sont pas concernés. Les sous-traitants fédéraux le sont via la clause FAR 52.204-30, sauf dérogation. Une agence peut demander une exception par écrit avec une justification solide ; les questions passent par l'équipe FASCSA de la CISA, l'agence américaine de cybersécurité. L'autorité doit notifier DeepSeek et les commissions du Congrès concernées, et réexaminer l'ordre au moins une fois par an. Aucun délai de retrait n'est indiqué dans la source.
Pourquoi DeepSeek est-il visé ?
La notice du Federal Register ne donne aucun motif. L'article rappelle seulement que la politique de confidentialité de DeepSeek indique un stockage des données personnelles en République populaire de Chine, sans que l'ordre l'associe officiellement à cette décision. Il s'agit donc d'un contexte, pas d'une justification établie.
Qu'est-ce qui change par rapport à avant ?
Jusqu'ici, les restrictions reposaient sur des interdictions d'appareils décidées séparément par le Congrès, la NASA, la Marine, le Pentagone et l'État du Texas. Des projets de loi déposés en février 2025 n'avaient pas dépassé le stade des commissions. Cet ordre fixe donc une règle commune à l'ensemble des agences civiles, là où chaque institution décidait de son côté.
DeepSeek n'avait pas répondu à la demande de commentaire de l'agence AP. Le 20 octobre, la porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Mao Ning, a dénoncé un élargissement excessif de la notion de sécurité nationale. Sur l'entreprise elle-même et ses ambitions financières, voir notre article sur la valorisation de DeepSeek avant une entrée en bourse.
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