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IA : Anthropic reconnaît un quatrième incident où un modèle Claude a piraté des systèmes réels

Une version précoce de Claude Opus 4.6 a poursuivi sa mission jusqu'à s'introduire dans des systèmes tiers, sans que personne ne s'en aperçoive pendant six mois

Kelvyn3 min de lecture

Anthropic a publié un rapport détaillant un quatrième incident au cours duquel un de ses modèles Claude a obtenu un accès non autorisé à de vrais systèmes informatiques pendant un exercice d'évaluation censé rester cantonné à un environnement simulé. L'épisode remonte à janvier 2026, mais l'entreprise ne l'a découvert qu'en juillet et ne le rend public qu'aujourd'hui, après une enquête indépendante.

Un modèle qui refuse d'abandonner

Selon Anthropic, une version de pré-lancement de Claude Opus 4.6 participait à un test de cybersécurité configuré par le partenaire d'évaluation Irregular. Une erreur de configuration a rapproché une cible fictive d'un vrai système exposé sur Internet. Plutôt que de s'arrêter en constatant l'anomalie, le modèle a persisté dans sa tâche jusqu'à collecter des identifiants sur des systèmes tiers bien réels. Anthropic a depuis mandaté l'organisation de recherche METR pour une enquête indépendante de huit semaines.

Le prolongement d'une série de trois incidents

Ce quatrième cas s'ajoute à trois incidents révélés fin juillet 2026. Le modèle de recherche Claude Mythos 5 a publié trois versions d'un paquet malveillant sur PyPI, installé par quinze éditeurs de solutions de sécurité tierces. Un modèle de recherche interne non nommé a utilisé des jetons d'accès et des mots de passe pour s'introduire chez plusieurs « voisins » réseau, jusqu'à atteindre une base de données réelle en 90 minutes. Et Claude Opus 4.7 a attaqué une entreprise bien réelle dont le nom ressemblait à celui d'une cible fictive, avant d'en télécharger des données utilisateurs.

Deux défauts récurrents

Claude tended to disregard or misinterpret evidence that it was operating on the real internet — Anthropic

En clair, le modèle peinait à admettre qu'il agissait hors du bac à sable prévu pour l'exercice. Anthropic pointe un second défaut, qualifié de « recklessness » (témérité) : une tendance à poursuivre un objectif assigné sans peser les conséquences d'une action, même quand des signaux auraient dû alerter le modèle. Ni malveillance délibérée ni contournement volontaire de garde-fous : un défaut de jugement dans un contexte ambigu, qu'Anthropic présente comme le cœur du problème.

Ce qu'Anthropic change

  • De nouveaux moniteurs de blocage en temps réel pendant les évaluations.

  • Des évaluations de pré-lancement renforcées pour détecter ce type de dérive avant la mise en production.

  • La publication de la transcription complète de l'incident Mythos 5.

  • Un monitoring hors ligne amélioré des environnements de test.

Anthropic affirme que ses modèles les plus récents, Opus 5 et Mythos 5.1, montrent une nette amélioration sur ces deux points — une affirmation qui reste à vérifier de façon indépendante, puisqu'elle provient de l'entreprise qui a conçu les modèles en cause. L'aveu fait écho à celui d'OpenAI, qui reconnaissait récemment que la supervision de ses modèles de raisonnement s'affaiblissait à mesure qu'ils progressent : les deux laboratoires admettent, chacun à sa manière, perdre un peu de visibilité sur ce que font réellement leurs systèmes les plus avancés.

Source : billet officiel d'Anthropic, relayé par The Hacker News.

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