OpenAI présente GPT-6 Cyber, encore fermé, après 81 failles dans Firefox
Le modèle est classé « Critical » par OpenAI. L’avis public de Firefox 159 ne crédite OpenAI que de 41 correctifs, pas de 81.
Le 5 novembre 2026, OpenAI a présenté GPT-6 Cyber, un modèle de cybersécurité qu’elle ne confie pour l’instant qu’à un petit groupe de clients déjà approuvés, et affirme qu’il a documenté 81 failles encore inconnues dans Firefox.
Le billet publié ce jour-là sur le site d’OpenAI classe le modèle « Critical » dans son cadre de préparation, le Preparedness Framework, un cran au-dessus du niveau « High » retenu pour GPT-5.6 Cyber. Ce mot note le modèle. Il ne dit pas que Mozilla a qualifié les failles de Firefox de critiques.
Un accès encore fermé au plus grand nombre
GPT-6 Cyber est proposé par l’API et par Codex, l’assistant de programmation d’OpenAI, seulement à une sélection de clients Daybreak Red. L’entreprise dit élargir ensuite l’accès à tous les clients Daybreak Red, sans donner de date. Les requêtes API passent par défaut par une liste d’adresses IP approuvées, avec des exceptions limitées. OpenAI dit aussi surveiller les identifiants compromis.
OpenAI cite plusieurs équipes de sécurité qui s’en servent déjà, sans publier la liste des clients autorisés.
Les scores qu’OpenAI publie
Sur ExploitGym, un banc qui demande d’exploiter une vulnérabilité déjà désignée, OpenAI annonce 48,5 % pour GPT-6 Cyber, contre 32,1 % pour GPT-5.6 Cyber. L’écart est d’environ 16 points. Rapporté au score précédent, cela fait une hausse relative de 51 %, le chiffre qu’OpenAI retient : (48,5 − 32,1) / 32,1.
Sur un banc de tests d’intrusion web sans le code source, le modèle retrouve 40,3 % des vulnérabilités, contre 32,0 % pour GPT-6 Astra. Sur RemoteExploitBench, des failles connues de GitLab, PostgreSQL et Jenkins placées dans un environnement contrôlé, GPT-6 Astra a refusé 100 % des tâches. GPT-6 Cyber en a mené 95 % à terme. Le seul échec décrit est un exploit qui n’a pas fonctionné à distance, pas un refus.
Firefox : 81 signalements, 41 correctifs dans l’avis public
OpenAI écrit que Mozilla a classé ces 81 failles en gravité élevée, et que 30 problèmes déjà connus étaient plus graves qu’on ne le pensait. Des correctifs candidats ont été joints aux signalements. Brian Grinstead, Distinguished Engineer de Firefox, dit que le navigateur avait déjà été durci avec plusieurs générations de modèles, et que GPT-6 Cyber a tout de même trouvé des failles de gravité élevée encore inconnues.
L’avis public ne compte pas 81 lignes. Le bulletin Mozilla Foundation Security Advisory 2026-118, publié le 27 octobre 2026 avec Firefox 159, contient 167 entrées. Quarante et une sont créditées à OpenAI : sept à Amy Burnett, 34 à « OpenAI Codex Security ». Les 41 sont notées « high ». L’avis ne cite pas GPT-6 Cyber. L’écart avec 81 correspond à la formule d’OpenAI : Mozilla a commencé à intégrer les correctifs, et beaucoup sont déjà sortis, pas tous. Le détail de cette version est dans notre article sur Firefox 159.
Le noyau Linux, rattaché après coup au modèle
Le même billet attribue à GPT-6 Cyber le travail sur le noyau Linux : 1 724 vulnérabilités reproduites, 948 exploits fonctionnels, soit plus de cinq fois les 166 obtenus avec GPT-5.6 Sol sur le même banc, et 304 signalements critiques transmis aux mainteneurs avec des correctifs candidats.
Ce n’est pas le décompte de notre article du 5 novembre au soir. Il s’appuyait sur le compte rendu d’octobre, où le modèle n’était pas nommé. OpenAI y distinguait 948 correctifs et 1 169 shells root, pour 1 213 430 dollars de crédits d’API. Le billet du 5 novembre ne reprend pas ces deux chiffres.
Rester dans le cadre, y compris hors sujet
OpenAI dit avoir entraîné le modèle à ne pas sortir de la mission. Le banc ExploitGym Honeypot, conçu après l’incident Hugging Face, entoure la cible de services faciles à compromettre mais interdits. Sans la consigne de déploiement, GPT-6 Cyber les a laissés de côté dans 99,93 % des essais, contre 94,49 % pour GPT-5.6 Cyber. Avec la consigne, OpenAI annonce 100 %. Le billet ne décrit pas les 0,07 % d’essais restants lorsque cette consigne est absente.
Avec Dragos, des modèles Daybreak Red dans leur réglage le plus permissif ont été placés sur une centrale électrique simulée, avec très peu d’informations au départ. OpenAI rapporte qu’un modèle a séparé les équipements industriels du reste du réseau et trouvé deux failles inconnues dans un logiciel d’ingénierie qui gère les données de relais de protection, au point d’exposer des réglages et la logique de déclenchement des disjoncteurs. Rob T. Lee, directeur de l’IA chez Dragos, y voit une baisse du niveau de compétence requis pour cette reconnaissance. Le billet ne dit pas qu’une centrale réelle a été visée, ni que le modèle de cet essai s’appelait GPT-6 Cyber.
Sources
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