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Commission européenne : Element Pro, l'alternative à Teams, très critiquée

La Commission teste depuis l'été 2026 cette messagerie fondée sur Matrix ; selon Politico, des fonctionnaires jugent l'outil très décevant.

Kelvyn3 min de lecture

La Commission européenne teste depuis l'été 2026 Element Pro, une messagerie collaborative fondée sur le protocole ouvert Matrix, comme solution de repli face à Microsoft Teams, mais les premiers retours de fonctionnaires, rapportés par Politico, sont très critiques. Le patron d'Element, Matthew Hodgson, répond que le projet n'en est qu'à une phase d'essai.

Qu'est-ce qu'Element Pro et pourquoi la Commission le teste-t-elle ?

Element Pro est une plateforme de travail en équipe hébergée sur des infrastructures européennes. Elle propose, selon Clubic, des fonctions comparables à celles de Teams : messagerie, partage de fichiers, salons de travail, appels audio et vidéo. Son socle est Matrix, un standard de communication ouvert qui permet à chaque organisation d'héberger elle-même son infrastructure.

L'objectif affiché est de réduire la dépendance de l'institution envers Microsoft et de renforcer le contrôle sur les données. Il s'inscrit dans un mouvement plus large de souveraineté numérique des administrations européennes.

Qui utilise déjà la technologie Matrix dans les administrations ?

Clubic recense plusieurs déploiements publics fondés sur Matrix :

  • en France, Tchap, la messagerie sécurisée des agents publics ;

  • en Allemagne, BundesMessenger ;

  • en Suède, SAFOS ;

  • au Luxembourg, LuxChat4Gov ;

  • aux Pays-Bas, MijnBureau ;

  • en Belgique, BEAM.

Ces projets montrent que la technologie est déjà déployée à l'échelle de l'État. Le défi pour la Commission est différent : remplacer un outil de visioconférence et de collaboration intégré au quotidien des agents, avec leurs habitudes.

Que reprochent les fonctionnaires à Element Pro ?

Selon des échanges internes rapportés par Politico, puis par Clubic, certains agents doutent de la valeur ajoutée du projet. Le jugement le plus tranché cité est « absolute shit ». La source ne précise ni le nombre de testeurs, ni la nature technique des défauts relevés (qualité des appels, ergonomie, fonctionnalités manquantes), ni l'ancienneté des commentaires : il serait hasardeux d'en tirer un bilan du produit.

Que répond l'éditeur ?

Matthew Hodgson, directeur d'Element, replace ces critiques dans leur contexte : la Commission est en phase de test, et remplacer des outils ancrés dans les habitudes de travail est difficile par nature. C'est une réponse d'éditeur, qui n'établit ni que les défauts seront corrigés ni dans quel délai.

Ce que cela change concrètement

À ce stade, rien pour les utilisateurs de Teams : Microsoft reste l'outil de référence de l'institution et Element Pro un essai de secours. L'épisode illustre néanmoins un enjeu fréquent des migrations vers des logiciels souverains : l'adhésion des agents pèse autant que l'architecture, et un outil jugé moins pratique risque d'être contourné par des applications grand public, ce qui annule le gain de souveraineté.

Reste à savoir si la Commission publiera un bilan chiffré de son essai, et si elle décidera de généraliser, d'améliorer ou d'abandonner Element Pro. Aucun calendrier n'est annoncé dans les sources consultées.

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